Le leadership de l’amour est le résultat de l’accompagnement de conseils d’administration et de comités exécutifs d’entreprises cotées sur les marchés financiers et de dirigeants propriétaires, durant ces vingt dernières années, dans le monde entier.

L’auteur y développe sur le plan théorique et pratique la manière de mettre en œuvre un nouveau modèle de leadership éthique et responsable qui s’inspire des fondamentaux de la culture humaniste occidentale. Illustré par des témoignages concrets de dirigeants, cet ouvrage est une porte ouverte sur le monde de demain.

«Il faut avoir le courage de refuser cette logique qui a conduit et continuera de conduire nombre d’entreprises au désastre humain. Il faut découvrir la pensée originale, parfois iconoclaste, toujours lumineuse, d’Emmanuel Toniutti.» Stéphane Richard, PDG du groupe Orange

Disponible sur Amazon et dans les meilleures librairies en ligne à partir du 17 avril 2020

 

Avant-propos de l’auteur

Ce livre n’est pas un essai de synthèse de la littérature existante à ce jour sur le leadership. J’y développe ma propre thèse du leadership responsable sans pour autant méconnaître les courants consacrés aux styles de leadership visionnaire, charismatique, transformationnel, servant, participatif, transactionnel et autres. J’établis ici une relation entre ma connaissance globale des théories du leadership, ma réflexion personnelle et mon expérience de l’entraînement de conseils d’administrations et comités de direction à l’international depuis ces dix-huit dernières années. Ce livre n’est pas un essai de synthèse sur les concepts philosophique, théologique et psychologique de l’amour, du courage et de la responsabilité. J’ai par ailleurs bien conscience que ce reproche pourra m’être adressé, à juste titre, notamment par mes collègues universitaires. J’intègre librement ces théories tout en renvoyant à une bibliographie générale fournie sur ce sujet. J’ai souhaité rendre le texte le plus lisible et pragmatique possible. Ce livre n’entend pas adresser une leçon de morale aux leaders ou aux décideurs. En tant qu’éthicien, j’y développe un point de vue qui appelle à un dialogue dans un monde qui a plus que jamais besoin, selon moi, de leaders responsables. La rapidité des changements, le niveau de pression auxquels les leaders doivent faire face aujourd’hui appellent à développer de nouvelles capacités relationnelles, intuitives et émotionnelles audacieuses. Elles nécessitent une réflexion intense sur le rapport entre les décisions, leur mise en application et, de manière plus large, sur le sens que le leader donne à son existence et à celle des autres. La montée actuelle des extrémismes politiques et religieux dans le monde, la crise sociale des gilets jaunes qui a débuté en France en novembre 2018, la guerre géopolitique entre les USA, la Chine et la Russie, l’absence de vision stratégique et de solidarité européenne, les changements climatiques très lourds qui pèsent sur la planète, la pandémie du coronavirus de 2020 et les problématiques éthiques que posent le développement de l’intelligence artificielle et son utilisation sont autant d’enjeux qui requièrent un nouveau modèle de leadership qui repose sur l’amour. Là où l’Occident semble sans vision commune de l’avenir, je développe ici la thèse selon laquelle l’amour donne une réponse concrète et opérationnelle à la question de l’existence dans le leadership. C’est ce que j’appelle : le leadership de l’amour.

Préface – Stéphane Richard, Président directeur général Orange Stéphane Richard

Lorsque j’ai rencontré Emmanuel Toniutti, il y a quelques années, à l’occasion d’une conférence consacrée, déjà, au leadership de l’amour, ce fut une sorte de révélation. Ainsi donc, une voix autorisée, celle d’un intellectuel qui a gardé les pieds sur terre, nous expliquait que le référentiel de management encore sans doute en vogue dans de nombreux milieux (l’armée, l’administration, voire l’entreprise), fondé sur le culte de la hiérarchie, la communication verticale, l’infaillibilité du chef, le statut et l’autorité, était complètement obsolète et bien souvent toxique. En moi, qui ai dû me justifier pendant des années de mon propre style de leadership – trop doux, trop consensuel, certains disaient même, insulte suprême et stupide, trop féminin… les mots d’Emmanuel ont résonné comme une sorte de coming out… Il est difficile de ne pas partager les constats de départ d’Emmanuel Toniutti, notamment sur deux points : la faillite morale, civilisationnelle et peut-être bientôt économique du dogme financier qui continue à gouverner le monde des entreprises, et la faillite d’un certain management où la prise en compte de l’humain est finalement accessoire, presque luxueuse.. Sur le premier point ne soyons pas naïfs : nous vivons dans un monde financier encore largement déconnecté des grands enjeux sociétaux, environnementaux, et peut-être tout simplement humains. Par un effet peut-être spécieux on tente d’affirmer que performance numérique et performance sociale ne sont pas antinomiques mais se servent mutuellement. C’est vrai, mais jusqu’à un certain point je crois. Elles sont souvent difficilement conciliables dans la logique court termiste et financière des marchés. Les « investisseurs » préfèrent les robots aux employés syndiqués, les dividendes et les plus-values aux augmentations de salaire et aux investissements de long terme. Sans parler de la surdité face aux défis du changement climatique. C’est un peu triste mais c’est ainsi. Il faut avoir parfois le courage de refuser cette logique qui a conduit et continuera de conduire nombre d’entreprises au désastre humain. Quant au leadership lui-même, disons simplement que la révolution digitale doit conduire à une révolution du management. L’omniprésence des réseaux sociaux, le partage exhaustif et permanent de l’information, le droit à l’expression et à l’interpellation des dirigeants que la société numérique a érigé en pratique, voire en principe rend indispensable l’émergence d’une nouvelle génération de leaders, bienveillants et empathiques, sans pour autant tomber dans la mièvrerie ou l’absence de lucidité sur les défis à relever. C’est d’autant plus important que la transformation à l’œuvre dans la société et les entreprises va apporter son lot de stress, de souffrances, de déstabilisation et de sentiment de déclassement. L’arrivée de l’intelligence artificielle, les difficultés du « reskilling » dont les entreprises font désormais l’alpha et l’oméga de leur stratégie RH, nécessiteront ces nouveaux managers. Parmi les nombreux acquis de la pensée d’Emmanuel Toniutti il y a aussi cette distinction fondamentale établie entre les comportements individuels en temps normal et ceux sous l’emprise du stress ou en situation de crise. Le stress, la pression, la crise, révèlent la nature profonde des personnes. Le courage, le sang-froid, l’empathie, le discernement n’apparaissent visiblement que lorsqu’un stress surgit. Soyons tous particulièrement attentifs à nos états de stress, ils nous déforment souvent bien au-delà de ce que nous pensons. Il faut aussi, et c’est une grande leçon des travaux d’Emmanuel Toniutti, tout à la fois être soi-même, s’assumer et même s’aimer (pas trop tout de même), et se remettre en question, écouter avec humilité, renoncer aux postures d’autorité (« le chef qui doit être craint ») pour parvenir au leadership responsable, le seul qui peut dessiner le monde de demain. Il faut aussi, et c’est une grande leçon des travaux d’Emmanuel Toniutti, tout à la fois être soi-même, s’assumer et même s’aimer (pas trop tout de même), et se remettre en question, écouter avec humilité, renoncer aux postures d’autorité (« le chef qui doit être craint ») pour parvenir au leadership responsable, le seul qui peut dessiner le monde de demain. Parce que le digital est une formidable caisse de résonnance des émotions individuelles et collectives, parce que les grands défis d’aujourd’hui sont sociétaux – urgence climatique, besoin d’un développement inclusif, montée des exigences de sobriété et de responsabilité des entreprises – il faut découvrir la pensée originale, parfois iconoclaste, toujours lumineuse, d’Emmanuel Toniutti.

Postface – Gérald Streit, Président directeur général Delfingen

Pour moi, ce livre est le meilleur livre de management car il ne parle pas de management. La plupart des livres ou des consultants qui s’expriment sur le sujet ont souvent un vocabulaire aussi riche et profond que les médecins de Molières !

Ils nous ont d’ailleurs, généralement, appris ce mantra que nous répétons à notre tour dans nos entreprises : “Leader, soyez leader, formez des leaders !”

D’accord mais pourquoi ?  Est-ce que le sens de notre vie et de nos actes serait de nourrir un capitalisme à croissance infinie ? De vivre tiraillé entre notre besoin de sociabilité et notre obligation de performance à tout prix ?  Est-ce bien raisonnable ?

Emmanuel Toniutti nous plonge dans une introspection sur les fondements de notre humanité : notre besoin d’amour et notre peur légitime de la mort. Fort de cet éveil, il nous faut envisager la possibilité d’être d’abord le leader de soi-même, en harmonie avec les autres et notre environnement. Puis, comment nous pouvons vivre, de façon concrète et responsable, cet humanisme fraternel amoureux dans le monde économique actuel.

La performance n’y est pas oubliée. Nous ne sommes pas dans un univers contemplatif uniquement mais réellement orienté par des contraintes de performances économiques pour nos entreprises. Pour moi ce n’est pas un livre de plus sur le management, ce n’est pas non plus un livre philosophique, c’est une clef qui ouvre la porte sur le chemin de la sagesse économique.

Prenez le temps de le lire, de le relire, de l’approfondir, la première lecture n’y suffit assurément pas.

Merci Emmanuel pour ce livre de sagesse amoureuse !